mercredi 23 mars 2011

Elizabeth Taylor, star à l'écran, vamp dans la vie

C'était l'époque où les stars commençaient petites. En 1942, une brunette de dix ans au joli minois serre dans ses bras un énorme chien. La fillette s'appelle Liz Taylor et le chien porte le célèbre patronyme de Lassie. De mémoire d'échotier, ce sont les premiers pas cinématographiques de la future Cléopâtre. Née à Londres de parents américains, le 27 février 1932, elle hérite de sa mère, ancienne comédienne, un certain goût pour la représentation, puisque, à peine âgée de trois ans, la gamine surdouée danse déjà devant la famille royale. De là peut-être son goût pour les diadèmes et sa vocation à s'asseoir coûte que coûte sur les trônes qui ne sont pas toujours faits pour elle. Mais avant de devenir reine du royaume éphémère de Hollywood, la petite Liz, animal savant des mièvreries en technicolor, fera ses classes avec un cheval dans Le Grand National, avec l'auréole de la petite fille idéale pour Mon père et nous, ou curieusement affadie en blonde dans la première version des Quatre Filles du docteur March.
1949. Elle a dix-sept ans quand elle forme un couple avec son homonyme, Robert Taylor, dans Guet-apens. Ce qui lui fait répondre vertement à quelqu'un qui lui reproche de négliger ses études: «Je ne vois pas comment je pourrais me concentrer sur mes études, alors que Robert Taylor n'arrête pas de fourrer sa langue dans ma bouche.» A star is born, ou presque. Elle en a déjà l'insolence et un certain goût pour la provocation.


Nez retroussé, regard d'améthyste, bouche pulpeuse, pommettes hautes, juste assez vulgaire pour paraître sensuelle, avec une allure dolente de chatte en sommeil qui fait passer son mètre soixante-deux pour une attitude, la femme se dessine, doucereuse et implacable, attirante et vaguement inquiétante. C'est une vamp qui joue les petites bourgeoises pour rassurer son monde mais peut sortir ses griffes et sa poitrine pour piéger l'orgueilleux mâle qui vient à passer. Si, pour Le Père de la mariée, gros succès signé Minnelli, elle est encore une jeune fille sage, l'année suivante, dans Une place au soleil, de Stevens, elle séduit un Montgomery Clift désorienté au point de devenir criminel. La Taylor commence à faire des dégâts du haut de ses dix-neuf ans.


De l'Antiquité au Moyen-Âge, elle s'offre quelques costumes d'époque pour Quo Vadis et Ivanhoé. Un peu d'exotisme avec La Piste des éléphants, et la voilà partenaire de James Dean pour son dernier film, Géant. Les hanches plus rondes, le visage plus dur, la star trouble-fête s'affirme. On commence à se méfier de la fatale Liz, qui a déjà deux maris à son tableau de chasse et quelques partenaires à son palmarès. La Chatte sur un toit brûlant, où elle affronte à armes égales la belle brute Paul Newman, achève le portrait:
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